Cliquez ce lien –> 080306.mp3 afin d’écouter l’émission de radio “La-bas si j’y suis” du 6 mars 2008
A lire
“De la horde à l’état” / Eugène Enriquez : Isbn 2-07-024226-9 Février 1983
Extraits :
“Nous tuerons d’abord tous les subversifs, ensuite ceux qui collaborent avec eux; ensuite les sympathisants; ensuite les indifférents et, en fin de compte les timides.”
Phrase prononcée par le général Alfredo Saint-Jean, membre de la junte argentine, lors de la grande répression de 1976-1977.
Ce fut alors l’instant qu’avait attendu la masse bestiale, ruminant sourdement, pour pousser son hurlement d’allégresse, et c’est alors qu’elle se déchaîna, sans arrêt et sans fin, triomphante, faisant tout trembler, irréfrénée, terrifiante, grandiose, rampante, s’adorant elle même dans la personne d’un seul.”
Hermann Broch La mort de Virgile.
Pourquoi les individus et les groupes sociaux “marchent-ils” à la croyance et éprouvent-ils la nécessité de vivre dans l’illusion, le travestissement et la méprise? Pourquoi le social est-il avant tout le règne de la certitude et de l’oubli de la vérité? Pourquoi les individus qui, isolément, sont parfois capables de pensée libre et rigoureuse, se mettent-ils lorsqu’ils sont en groupe, à s’identifier au maître et à ses idéaux, à soutenir les actions les plus absurdes et les moins susceptibles de favoriser la réalisation de leurs désirs? En un mot, pourquoi l’obéissance est-elle si facile, la servitude volontaire si fréquente alors que la révolte se révèle si difficile et le désir d’autonomie si fragile?”
Eugène Enriquez